Accident mortel à ENEDIS lors d’un dépannage

Créer: mer 04/09/2019 - 10:29
Auteur: CGT Énergies 77

Le Dimanche 19 Août 2019, notre collègue, Daniel DELVOYE est mobilisé sur un dépannage suite à un appel pompier pour un câble décroché sur support bois en la commune de Ruminghem (Pas de Calais, région Haut de France).
Après l‘ascension du poteau ce dernier se casse entraînant avec lui Daniel.
Malgré les premiers soins des secours sur place, l’agent décèdera lors de son transport vers l’hôpital.
 
La FNME CGT présente ses condoléances à sa femme, ses deux enfants ainsi qu’à sa famille et s’associe à la douleur et la tristesse des collègues très choqués par ce drame.
Le syndicat FNME CGT Flandre Artois littoral a d’ores et déjà pris ses responsabilités et fera toute la lumière sur cette tragédie.
 
La FNME CGT apporte tous son soutien aux militant.e.s, syndiqué.e.s et salarié.e.s en local.
Cet accident met en évidence qu’en matière d’accidents du travail, rien n’est jamais définitivement acquis. Au-delà de cette appréciation générale, ce sont les politiques de préventions santé et de sécurité qui doivent être réexaminés, les politiques de formation et de délivrance de l’habilitation et tous ce qui touche aux organisations de travail avec les moyens humains et matériels nécessaires.
 
Incontestablement, les politiques ne correspondent pas aux enjeux de prévention santé et de sécurité permettant d’éradiquer les risques auxquels sont exposés les salarié.e.s dans leur activité professionnelle.
 
Lorsque des accidents du travail surviennent, et a fortiori lorsqu’ils sont mortels, c’est un échec de la prévention. Il faut donc s’interroger encore sur les politiques mises en œuvre et la prise en compte du travail réel.
 
Dans le même temps, les entreprises ne peuvent pas afficher des chiffres d’affaires et des résultats exorbitants qui font le bonheur des actionnaires et que ceux-ci (les résultats) s’obtiennent au péril de la vie des salariés. Bien qu’elles prétendent le contraire, ces deux éléments : la course aux résultats financiers et la prévention sont antinomiques et ont pour conséquences inéluctables une dégradation des conditions de vie et de travail des salariés qui, quelquefois et comme c’est le cas, en paient le prix fort.
 
Les politiques de baisse d’effectifs et de gains de productivité appliquées depuis quelques années accentuent cette dégradation et sont contraires à une politique de prévention efficace.
 
C’est pourquoi la Fédération des Mines et de l’Energie CGT et ses militants, particulièrement ceux qui exercent des responsabilités dans les CHSCT, mettent et mettront tout en œuvre pour que de tels drames ne se renouvellent pas.

Le CHSCT réalise sa propre enquête pour déterminer les causes réelles de cette actions. Néanmoins et sans aller sur ses prérogatives nous pouvons affirmer qu'il existe de nombreux progrès à réaliser.
 
Il ne s’agit pas de pointer des coupables et de culpabiliser, notamment ceux qui ont une responsabilité d’employeur et donc une obligation de sécurité de résultat vis-à-vis de leurs salariés. Notre démarche ne veut pas être semblable à la stratégie des directions qui cherchent, elles, des coupables. Au contraire de celles-ci, nous pensons qu’il faut avoir une analyse exhaustive de tous les éléments qui ont favorisé l’événement accidentel.

Cela ne peut se faire que s’il existe un climat de confiance qui permette cette analyse exhaustive. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui puisque les directions sont à l’affût d’une erreur et d’une faute imputable aux salariés afin de les sanctionner.
 
C’est pourtant cette transparence, si elle est véritablement effective, qui peut permettre de renforcer la prévention et c’est dans ce sens que la CGT invite ses militants dans les CHSCT à œuvrer. Cela nécessite aussi de faire respecter les droits et les prérogatives des CHSCT, de donner les moyens nécessaires à leur bon fonctionnement et de prendre en considération leurs suggestions et alertes.

Moyens de proximité qui seront mis à mal avec la mise en place du CSE en décembre prochain à 
ENEDIS et qui a motivé notamment la non signature de l’accord par la FNME CGT en mars dernier.
 
Une nouvelle fois, la FNME CGT s’associe à la douleur des familles des victimes et au-delà de la colère ressentie tant il est insupportable de perdre sa vie au travail, elle agira sans relâche pour que demain ces situations ne se renouvellent plus.