ADRESSE AUX ELECTRICIENS ET GAZIERS DE SEINE ET MARNE

Cher(e) collègue,
Vous vous interrogez sur la période actuelle de grande colère sociale, sur l’attitude de la CGT, ses relations avec le mouvement dit des gilets jaunes.
Que disent celles et ceux qui luttent autour des ronds-points, manifestent chaque samedi depuis plus de onze semaines ; ces gilets jaunes parmi lesquels de nombreux syndiqués à la CGT ?
 
Ils en ont marre de travailler pour survivre, de se faire exploiter pour enrichir les gros qui leur reprochent d’être insouciants des problèmes environnementaux, de faire leurs courses en voiture dans un supermarché discount.
 
Ils veulent des impôts justes qui servent le financement de services publics de proximité
 
Ils n’acceptent plus que d’autres pensent à leur place, parlent pour eux et expliquent comment nous devrions vivre.
 
La CGT d’Énergies 77 leur dit, vous dit : « Nous menons les mêmes combats ».
 
Au côté des travailleur(se)s qui luttent pour leurs droits, la CGT respecte leurs choix et les modes d’organisation qu’ils ont décidé. C’est de cette démarche qu’elle est née, il y a 124 ans.
 
Comme eux, comme vous, nous sommes allergiques aux injustices et pensons que toutes celles et tous ceux qui n’ont d’autres choix que de travailler pour vivre doivent être respectés, leurs qualifications reconnues.
 
Le mouvement actuel, sous toutes ses couleurs, est soutenu par l’opinion publique. Très bien ! Mais cela ne semble pas suffire pour infléchir la politique ultralibérale de Macron. Ce dernier et le pouvoir sont fébriles et espèrent s’en sortir avec l’organisation d’un grand débat.
 
Comment passer à l’étape qui imposera au patronat des grandes et moyennes entreprises de revaloriser les salaires, de stopper les dividendes vertigineux au profit de l’investissement, de la formation, de l’emploi ?
 
Lorsqu’on décide de bloquer l’économie pour rétablir la justice sociale, les formes d’action ne s’opposent pas, elles se complètent. Occuper la voie publique est indispensable, qu’on parle de ronds-points, de péages, de manifestations. Mais pour imposer nos exigences, nous pensons qu’il y a une étape à franchir : arrêter la production par la grève et les occupations des lieux de travail.
Il faut maintenant contraindre les vrais décideurs, les grandes entreprises, les banques et les actionnaires à renoncer à leurs profits. C’est le seul moyen pour le monde du travail de reconquérir les Services Publics, une Sécurité Sociale et des retraites dignes de ce nom.
 
C’est pour cette raison que la CGT appelle à porter la lutte sur les lieux de travail. Outre les attentes sociales exprimées depuis plus de dix semaines, vous avez des revendications spécifiques à l’exercice de vos métiers. Problèmes nationaux et locaux sont mêlés, ils rencontrent le même obstacle : les politiques d’austérité dont objectif est la finance et ça rentabilité à court terme en lieu et place de l’investissement humain et productif.
 
Le mardi 5 février, soyez gilets jaunes, rouges, bleus… Soyons ensemble à participer à la journée dite : « grève généralisée de 24 Heures reconductibles avec blocage de l’économie ».
 
Melun, le 28 janvier 2019
 
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