La CGT

S'abonner à flux La CGT La CGT
CGT.fr est le site de la confédération générale du travail. Il vous donne accès aux ressources documentaires de la CGT, et vous offre aussi la possibilité de vous syndiquer.
Mis à jour : il y a 3 heures 42 min

Comportement assassin et déni de solidarité de la France et de l'Europe

mar, 12/06/2018 - 14:47
ACCUEIL DES MIGRANTS

Le 10 juin, le ministre de l'Intérieur du nouveau gouvernement italien a refusé d'accueillir le navire humanitaire Aquarius avec à son bord 629 migrants.
La CGT condamne cette décision mettant en danger de mort ces personnes, irrespectueuse des principes de solidarité et d'assistance aux personnes en danger, inhumaine mais sans surprise venant d'un gouvernement de coalition entre parti libéral et parti d'extrême droite.
Ce navire de 70 mètres immatriculé à Gibraltar n'est pas prévu pour recevoir autant de personnes. En cas de mouvement de foule, il y a un risque d'accident et de drame très important.
Que fait l'État du pavillon de ce navire ? Prend-t-il ses responsabilités pour assurer la sécurité de ce navire ?
La CGT condamne également la gestion de ce nouveau drame par les États de l'Union Européenne :
le refus de Malte d'accueillir l'Aquarius ;
les plaisanteries intempestives et intolérables des Premiers ministres belge et français ;
le silence honteux et coupable de la France, notamment de ses ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères, comme du président de la République.
Finalement, c'est l'Espagne qui a décidé d'accueillir l'Aquarius, pourtant pas en état d'aller au premier port espagnol sans risque, situé à deux jours de mer (par beau temps). C'est donc le seul pays européen qui aura fait preuve d'humanité et de respect vis-à-vis des migrants. Cet événement aurait pu être tragique au regard du cimetière qu'est devenue la Méditerranée.
À la veille des élections européennes, la CGT dénonce et combat les politiques qui font de l'Europe une forteresse : une forteresse entourée des murs de l'indifférence à la détresse humaine et à l'aspiration à vivre, conséquence de la politique néolibérale menée au niveau mondial où l'argent a plus de valeur que la vie.
La France, pays des Lumières et des Droits de l'Homme, est restée silencieuse. Ce silence assourdissant s'inscrit dans sa politique honteuse, à l'image du projet de loi « Asile et Immigration » :
détention des migrants dont des réfugiés et des enfants alors qu'ils ne sont pas des criminels ;
délit de solidarité pour les aidants ;
droit de recours limité ;
volonté du gouvernement « d'éviter les départs » de migrants de leur pays d'origine, même si cela doit passer par l'esclavage ou la torture, des « tris », comme c'est le cas en Libye notamment.
Cette politique gouvernementale n'est pas « et de gauche et de droite », elle est d'extrême droite et porte en elle la face la plus noire de notre histoire contemporaine.
La CGT exige de l'État français qu'il soit digne, solidaire et accueillant, à l'image de la France et de ses Lumières qui ne doivent être éclipsées par le spectre du populisme et de la démagogie.

Montreuil, le 12 juin 2018

Contre l'exploitation des enfants asiatiques dans le démantèlement des navires

mar, 12/06/2018 - 12:22

Le démantèlement des navires en fin de vie est toujours aussi inacceptable. Plus de 70% des navires européens sont démantelés sur les plages d'Asie du Sud, au mépris des conditions sociales et environnementales. La CGT appelle la France à intervenir afin de stopper ces pratiques scandaleuses.

Maritime
Bangladesh 2016 - © Andreas Ragnarsson - Courtesy of NGO Shipbreaking Platform

Chaque année, ce sont plus de 70 % des navires européens qui sont démantelés sur les plages d'Asie du Sud. Afin de se soustraire à leur responsabilité sociale et environnementale, ainsi qu'à la réglementation européenne, les armateurs et propriétaires européens vendent leurs navires en fin de vie à des sociétés intermédiaires, au financement opaque, appelées « cash buyers », qui enregistrent à leur tour ces navires via des sociétés écran situées dans des paradis fiscaux.

Or, ces pratiques ont un impact néfaste sur la santé des travailleurs, de la population et de l'environnement. En l'espèce, les principales préoccupations sont les pollutions sévères causées à l'environnement marin et terrestre, le déversement de déchets dangereux, des conditions de travail scandaleuses causant de nombreux accidents graves et mortels, allant jusqu'à l'exploitation d'enfants.

Alors que des pays européens commencent à s'élever contre les pratiques frauduleuses des armateurs et propriétaires européens, la France traîne des pieds. Le plus gros fond souverain au monde, détenu par la Norvège, a retiré son financement à quatre compagnies maritimes à cause de leurs mauvaises pratiques de démantèlement en Asie du Sud, tandis qu'aux Pays-Bas, une procédure juridique a abouti à la condamnation aux instances criminelles d'une compagnie qui démantelait en Asie du Sud. La France, à travers son silence coupable et son inaction, participe indirectement à cette exploitation d'enfants.

Ainsi, la CGT appelle la France à intervenir afin de stopper les scandaleuses pratiques de « beaching » (échouage) des armateurs et propriétaires européens, et de se mettre en accord avec les principes issus de la COP 21, notamment à travers la création d'un site de démantèlement sur la façade Méditerranée, en capacité d'accueillir des grands navires (bateaux et plateformes). Par ailleurs, la France doit veiller à ce que la liste européenne des installations de démantèlement des navires ne contienne que des sites où les normes sociales et environnementales européenne sont respectées.

En Janvier 2017, la CGT avait visité un de ces chantiers à Dacca, au Bangladesh :

Pour en savoir plus, voici le document élaboré par la CGT en 2007, offrant des pistes de réflexions et des propositions pour une filière de démantèlement des navires en fin de vie :

Plus de deux mois et 15 jours de grève de la faim pour obtenir 30 postes

mar, 12/06/2018 - 12:20
Hôpital psychiatrique du Rouvray
© A. Cahon/DR

En grève depuis le 22 mars, des salariés de l'hôpital psychiatrique du Rouvray à Sotteville-les-Rouen (Seine-Maritime) réclamaient, avec leurs syndicats CGT, CFDT, CFTC et Sud, la création de 52 postes pour remédier au manque de moyens humains qui mettait littéralement en péril les patients.

La mobilisation très forte des personnels, à la hauteur de l'urgence de la situation, n'a pas permis d'ouvrir de négociations, et, le 22 mai, sept salariés se mettaient en grève de la faim face au silence de l'agence régionale de santé (ARS).

Trois d'entre eux étaient évacués par le Samu le 4 juin, en raison de leur état de faiblesse nécessitant une prise en charge immédiate.

Le 7 juin, les cheminots se joignaient aux soignants pour une manifestation et l'ARS acceptait enfin d'ouvrir de réelles négociations.

Le 8 juin, le protocole de fin de grève était adopté en assemblée générale, l'ARS ayant finalement cédé devant la détermination des grévistes : il y aura création, pérenne et budgétée, de 30 postes, le maintien du service d'addictologie, la création d'une structure de soin spécifique pour les adolescents et d'une unité dédiée aux détenus malades psychiatriques, la titularisation de contractuels.

Une victoire donc, dont peuvent être fiers les grévistes, mais qui n'a été possible que par une détermination allant jusqu'à mettre leur santé en danger.

Huile de palme : un nouveau pétrole ?

lun, 11/06/2018 - 18:15

Après des états généraux de l'alimentation vides de contenus et la loi qui en est issue, elle-même très décevante, le gouvernement défend un projet de mise en place d'une filière industrielle de transformation de l'huile de palme en carburant.

La CGT dénonce l'impasse dans laquelle nous mènent cette initiative et ce choix gouvernemental pour deux raisons principales.
1 – Des impacts sur l'environnement désastreux
Dans les pays producteurs d'huile de palme, on assiste à une déforestation massive au profit de l'implantation de palmiers. La culture de ces arbres compte pour 40% de la déforestation mondiale liée à l'agriculture intensive. Or, aujourd'hui, on sait que la déforestation est responsable de 17% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Par ailleurs, qu'ils soient produits en France ou ailleurs, les agrocarburants sont une mauvaise solution. Produits à l'échelle industrielle, ils concurrencent la production alimentaire, amènent épuisement des ressources en eau, déforestation et leur bilan carbone est, au mieux, équivalent à celui du pétrole. Ces produits sont loin de préserver l'environnement !
2 – Des besoins alimentaires négligés
Chaque jour, plus de 840 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. Les objectifs de production et de consommation d'agrocarburants qui détournent les céréales des assiettes pour remplir les réservoirs d'essence sont des éléments à l'origine de cette situation.

Sont ainsi posés des enjeux fondamentaux : la production d'agrocarburants impulsée par les États-Unis en substitution de l'alimentation alors que des centaines de millions d'êtres humains souffrent de la faim ; l'explosion des palmeraies et des cultures OGM à travers le monde, cause d'une déforestation anarchique et d'une surexploitation des travailleurs et de leur famille ; l'abandon de toute souveraineté alimentaire et de la mise sous tutelle de pays entiers.

D'autres solutions doivent être mises en œuvre.

C'est d'une toute autre politique dont nous avons besoin renforçant une agriculture et une industrie nationales, créatrice d'emplois et de conditions de vie et de travail dignes, développant nos territoires, sauvegardant la santé publique et s'inscrivant dans des échanges internationaux mutuellement avantageux.
L'immense majorité des agriculteurs, les travailleurs, la population ont la capacité d'imposer des solutions immédiates notamment le développement de filières nationales de productions agricoles et alimentaires.

La question ne doit pas se limiter à choisir qui de Total ou des grands exploitants d'oléagineux doit réaliser les juteux profits associés aux agrocarburants mais, plutôt, quels choix politiques doivent être faits sur les carburants liquides et sur la destination du pétrole : ce qui doit être une matière première et non brûlée dans des moteurs.

Montreuil, le 11 juin 2018

Journal de bord d'une bataille pour une convention contre les violences sexistes et sexuelles

lun, 11/06/2018 - 17:30

L'Organisation Internationale du Travail (OIT) à débattu, du 27 mai au 6 juin 2018, de l'adoption d'une nouvelle convention contre les violences et le harcèlement au travail. S'y sont retrouvés des représentants de tous les États, des travailleurs et des employeurs. La CGT y représentait les salariés français, avec une délégation composée de Bernard Thibault, membre du Conseil d'Administration de l'OIT et ancien Secretaire Général de la CGT, Sophie Binet, dirigeante de la CGT en charge de l'égalité F/H, et Sabine Reynosa, membre du collectif femmes Mixite de la CGT. Le Medef était quant à lui représenté par Anne Vauchez, ancienne dirigeante de Lafarge. Les débats se fondaient sur la base du texte proposé par l'OIT à l'issue d'un état des lieux et d'une consultation de tous les pays. Un premier compromis avait abouti à la modification de l'intitulé du projet de convention « violence et harcèlement au travail » alors que les organisations syndicales souhaitaient une convention contre les violences sexistes et sexuelles.
L'impact normatif du texte revêtait une grande importance : une convention impliquait l'application par tous les pays signataires, une recommandation n'en faisant pas obligation.

En direct de l'OIT Sommaire
La délégation CGT : de gauche à droite Sophie Bbinet, Sabine Reynosa et Bernard Thibault

Voici le journal de bord des 9 jours de négociations.

Jour 1 : évaluation du rapport de force

Devant les gouvernements, les représentant.e.s des travailleurs.es et des employeurs du monde entier réunis pour la séance plénière, Guy Ryder, Secrétaire général de l'OIT, a insisté sur le contexte et le rôle précurseur de l'OIT sur les violences sexistes et sexuelles. La question a été inscrite à l'ordre du jour (grâce à la bataille de la Confédération Syndicale Internationale) en 2015, bien avant #metoo, et si la conférence aboutit, l'OIT proposera un cadre mondial sur un sujet encore très peu traité par les gouvernements et la négociation collective.
Les travaux en commission thématique ont ensuite commencé. Signe de son enjeu, la commission consacrée à la norme contre les violences fait salle comble. La séance était consacrée aux déclarations liminaires de chaque groupe, permettant ainsi de donner le ton sur le sens et l'enjeu des débats des 12 prochains jours. L'enjeu principal du jour : aura t-on une convention, instrument normatif qui s'impose aux États qui la ratifient, ou une simple recommandation, sorte de recueil de bonnes pratiques ? La représentante des employeurs, une patronne australienne, a ouvert le bal, insistant – comme c'est original – sur l'enjeu de la souplesse, et sur la bataille culturelle à mener, peut-être plus importante que la mise en place de réglementation. Mais, signe du rapport de force, elle a été contrainte de souligner l'enjeu de la lutte contre les violences et n'a pas formellement repoussé l'adoption d'une convention normative.
(Lire la suite)

Jour 2 : ça se tend…

Après les déclarations générales gagnées grâce à la pression des opinions publiques, les séances du mardi visaient à rentrer dans le vif du sujet, et à ouvrir le débat sur le contenu du projet de convention et de recommandation proposés. Le vote sur les amendements aura ensuite lieu à partir du mercredi.
Sentant que les positions en faveur d'une convention étaient fragiles, le patronat a tout fait pour essayer de revenir à une simple recommandation. Et pour cause ! La dernière convention adoptée par l'OIT date de 2011, et depuis le patronat multiplie les initiatives pour supprimer la valeur contraignante des décisions de l'OIT.
L'heure de vérité sur la convention sera le mercredi, lorsque l'on passera au vote sur les amendements de remplacement du mot convention par recommandation... sauf si le patronat réussi à reporter ce débat à la fin de la conférence, jouant ainsi le pourrissement...
(Lire la suite)

Jour 3 : la bataille des amendements commence…

Après les déclarations générales, on rentre le mercredi 30 mai dans les amendements sur la 1ere partie du projet de convention (voir le projet de texte dans la dernière partie), préparé par le bureau de l'OIT. 102 amendements ont été déposés par le groupe employeurs, travailleurs, ou par un ou plusieurs gouvernements.
Le groupe travailleurs a débattu collectivement de ses amendements et décidé d'en déposer seulement 6, considérant que la proposition du bureau de l'OIT était une très bonne base de discussion. Pour les salarié.e.s français.es, nous avons proposé (conjointement avec les belges) deux amendements pour insister sur la nécessité d'avoir des instances de prévention sur chaque lieu de travail (nos CHSCT qui sont en train d'être supprimés par le gouvernement) et de garantir aux victimes le droit d'être accompagnées par des représentant.e.s du personnel (nous proposons en France la mise en place de référent.e.s élu.e.s). Ces amendements seront, nous l'espérons, retenus par le groupe et proposés dans la partie recommandation qui sera discutée en fin de semaine.
(Lire la suite)

Jour 4 : course contre la montre

Aujourd'hui, Ferney Voltaire, bourgade française à 10 km de Genève dans laquelle nous résidons, est bouclée. Et pour cause, notre Président de la République y est en visite. En profitera-t-il, comme le faisaient ses prédécesseurs, pour venir rappeler l'attachement de la France à des normes internationales de haut niveau pour harmoniser les droits des travailleur.ses ? Non, il a beaucoup mieux à faire, et sa journée sera consacrée à l'inauguration du château de Ferney. Le patrimoine est un signal beaucoup plus rassurant pour les investisseurs que les droits sociaux…
Nous continuons de notre côté notre travail de fourmis sur le projet de convention. Comme nous le craignions, les débats avancent lentement.
La journée de jeudi a été centrée sur l'article 3A du projet de convention et sur la définition de la violence et du harcèlement. Un compromis a finalement été trouvé en plénière sur une définition proche du texte initial, suffisamment large pour inclure tous les types de violences, qui sera précisée nous l'espérons dans la recommandation, en reprenant les définitions de la convention d'Istanbul.
(Lire la suite)

Jour 5 : le débat des définitions continue

Nos travaux reprennent sur le 3c), la définition des employeurs, toujours à la première page du projet de texte. Le projet adopte une définition large des employeurs, définis comme « toute personne qui engage des travailleurs directement ou indirectement ». L'intérêt pour nous : cela permet d'engager la responsabilité des donneurs d'ordre, élément qui bien sûr dérange le patronat au plus haut point. Les employeurs voulaient donc supprimer cette définition. Après expertise juridique du Bureau International du Travail, il apparait que les textes internationaux prévoient bien la responsabilité des donneurs d'ordre, et c'est à ces textes qu'il sera fait appel en cas de litige, et non pas à un cadre simplement national. Nous faisons donc un compromis en acceptant finalement de supprimer la définition d'employeur, pour mieux nous concentrer sur celle de travailleurs.ses.
(Lire la suite)

Jour 6 : le principe d'une convention contraignante est validé !

Lors des conventions de l'OIT, on travaille aussi le samedi…Nous reprenons donc sur le point 4, très important lui aussi puisqu'il définit le périmètre de la convention. Parle-t-on des violences sur le « lieu de travail », ou des violences « dans le monde du travail » ? Le projet de convention parle des violences « dans le monde du travail » en précisant qu'il peut s'agir du lieu de travail (y compris les espaces privés lorsqu'ils servent de lieu de travail) ; des lieux où le travailleur prend ses pauses repas ; des trajets domicile travail ; des voyages professionnels ; et des communications liées au travail effectuées via les TIC ». Sans surprise les employeurs, et certains pays dont les États-Unis, veulent limiter cette définition aux lieux de travail. Leur amendement est rejeté. Nous réussissons, avec le soutien de l'Afrique, de l'Europe, du Canada et de certains pays d'Amérique du Sud emmenés par Cuba notamment, à maintenir cette définition ambitieuse et à y ajouter les logements lorsqu'ils sont pris en charge par l'employeur !
(Lire la suite)

Jour 7 : un cheval de Troie à Genève

La séance a repris ce lundi sur l'examen de l'article 7 du projet de convention contre les violences et le harcèlement, détaillant les obligations des États qui l'auront ratifiée. Le projet du Bureau International du Travail (BIT) prévoit « l'obligation pour les États de reconnaître le droit de toute personne à évoluer dans un monde du travail exempt de violence et de harcèlement et d'adopter une approche consistant notamment à : interdire en droit toutes les formes de violence et de harcèlement ; adopter une stratégie globale de prévention ; garantir l'accès à des moyens de recours et de réparation ainsi qu'un soutien pour les victimes ; … ». L'énumération de ces obligations, pourtant relativement générales, fut l'occasion d'un tir nourri de certains gouvernements et des employeurs.
Leur offensive vise à rendre impuissante cette future convention en introduisant à différents endroits du texte un principe de relativité de prise en compte du droit international en fonction du contexte national ou du cadre juridique existant dans chacun des États. Il s'agit d'une logique mortifère pour l'OIT, car elle attaque le fondement même de l'institution : la détermination d'un droit universel du travail, situé au-dessus des législations nationales, reposant sur de grands principes fondamentaux et s'appliquant partout et à tous de la même manière.
(Lire la suite)

Jour 8 : recherche d'un compromis n'excluant aucun groupe discriminé

Une bonne partie de la nuit de mardi à mercredi a été consacrée à la discussion de l'article 10 du projet de convention.
Le texte initialement proposé par le bureau comportait une liste détaillée de groupes vulnérables, plus exposés que d'autres aux situations de violences et de harcèlement sur le lieu de travail. Cette liste citait explicitement ces groupes, dans l'optique de renforcer leur protection, ce qu'aucun texte international ne fait à l'heure actuelle. Très peu de pays atteignent d'ailleurs ce niveau de précision dans leurs législations nationales. Le texte originel comportait ainsi un devoir de légiférer pour protéger les groupes suivants des violences et du harcèlement dont ils peuvent être victimes, dans le monde du travail : « les jeunes travailleurs et les travailleurs âgés, les travailleuses enceintes ou allaitantes et les travailleurs ayant des responsabilités familiales ; les travailleurs en situation de handicap ; les travailleurs vivant avec le VIH ; les travailleurs migrants ; les travailleurs issus des peuples autochtones et tribaux ; les travailleurs qui sont membres d'une minorité ethnique ou religieuse ; les travailleurs soumis à un système de castes ; les travailleurs et travailleuses lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres ou intersexués ou qui ne se conforment pas à leur assignation de genre ». Cette rédaction était soutenue par le groupe des travailleurs et travailleuses, favorables à une approche inclusive intégrant toutes les discriminations.
Notons que la France et l'Union Européenne, très en faveur de cette liste détaillée, ont soutenu jusqu'au bout l'option du texte initial.
(Lire la suite)

Jour 9 : coup de théâtre au Palais des Nations ! Lorsque certains jouent le sociétal contre le social

De mémoire d'habitué.e.s de l'OIT, il n'y a jamais eu de séance aussi tendue émotionnellement… Mercredi soir, peu avant minuit, les débats de la commission prennent fin pour cette année et laissent un terrible goût d'amertume. Le groupe patronal et certains gouvernements ont indéniablement joué un jeu mortifère en utilisant les LGBTI pour faire capoter les débats et pénaliser l'adoption, l'année prochaine, d'une norme ambitieuse, portée par le plus grand nombre en matière de lutte contre les violences et le harcèlement sur le lieu de travail.
Tout s'était pourtant déroulé jusque-là, sans anicroche majeure. L'Union Européenne par la voix de la France, déroulait une approche volontaire, progressiste et déterminée à aboutir sur le sujet. Fait suffisamment exceptionnel pour être souligné : le groupe des travailleurs et travailleuses se retrouvait en phase avec la plupart de ses interventions et pouvait s'appuyer sur elle pour gagner sur son propre niveau d'exigences.
(Lire la suite)

La lutte reprend chez {ASH}

lun, 11/06/2018 - 17:30

Les salariés de la rédaction des Actualités sociales hebdomadaires repartent en grève suite au non-respect par la direction de l'accord signé le 19 janvier 2018, fin d'un conflit qui avait alors duré près de trois semaines.

Presse

Moins de six mois après leur premier mouvement, les salariés du périodique Actualités sociales hebdomadairesASH — sont repartis en grève le 11 juin 2018. En effet, avec le mépris dont elle a déjà fait montre, la direction revient complètement sur sa promesse du 19 janvier 2018, à savoir la conservation de (minimum) 12 postes aux ASH.

Concrètement, en six mois :

  • six journalistes ont été recruté en CDD jusqu'au 30 juin ;
  • deux journalistes supplémentaires ont quitté la rédaction, dont un juriste remplacé par un non-juriste et un rédacteur non remplacé ;
  • un poste de secrétaire de rédaction est laissé vacant sans perspective de remplacement ;
  • la charge de travail a crû du fait d'une réorganisation imposée sans concertation par le nouveau rédacteur en chef — recruté pendant la grève.

Pire encore : les salariés en CDD ont appris que leur contrat aux ASH ne serait pas prolongé, mais que des CDI leur serait proposé à l'agence Pixel, autre société de Groupe6tm (dont font également également partie les ASH), bien entendu socialement moins-disante.

En l'état, 7 postes sont amenés à disparaître, ramenant les effectifs des ASH à quatre journalistes… Soit bien loin des 12 salariés promis par la direction à la fin du précédent conflit !

Dans un communiqué de presse, « la rédaction des ASH réclame la transformation des CDD en CDI au sein de leur société et une hausse de salaire pour les journalistes concernés. Bien que la société ASH continue de perdre des abonnements, elle reste encore largement bénéficiaire. Plutôt que se débarrasser de ses salariés, elle doit mener une réelle réflexion pour relancer son développement et se doter des outils et moyens adéquats ».

ADE n°123 : Salaires, égalité, reconquête de l'industrie, développement des territoire. Effets néfastes du libéralisme et enjeux de l'intervention syndicale

lun, 11/06/2018 - 17:27

Cette 123e livraison d'Analyses et documents économiques débute par un hommage à Paule Boccara, célèbre économiste et penseur décédé le 26 novembre 2017. Comme les précédentes, elle offre sinon un aperçu des conséquences néfastes, pour les salariés, les citoyens, les usagers des services publics, des processus de dérégulation/libéralisation à l'œuvre depuis une quarantaine d'années, tant en France qu'ailleurs dans le monde…

Fermeture programmée inacceptable du site Ford de Blanquefort !

lun, 11/06/2018 - 15:00

Jeudi 7 juin 2018, la direction de Ford Europe a annoncé sa décision de mettre en place un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant le site de Blanquefort (Gironde), entraînant une fermeture programmée inacceptable !

Métallurgie

Les pouvoirs publics doivent rapidement prendre leurs responsabilités, afin d'éviter une catastrophe sociale. En l'espèce, jeudi 7 juin 2018, la direction de Ford Europe a annoncé sa décision de mettre en place un plan de sauvegarde de l'emploi concernant le site de Blanquefort. Cette décision entraîne par conséquent une fermeture programmée de l'usine, ce qui inadmissible pour deux raisons.

D'une part, le groupe Ford a les moyens de poursuivre l'activité sur le site de Blanquefort, notamment sur le marché européen, via la production de boîte à six vitesses. De l'autre, Ford a commandité un cabinet pour mener une étude en vue d'une reprise d'activité, qui n'a toujours pas été rendue, ce qui rend la décision de fermeture du site d'autant plus incompréhensible.

Ainsi, pour une industrie forte et non pas spéculative, avec pour finalité la pérennisation de l'emploi et non pas la finance, la FTM-CGT poursuivra la lutte aux côté de ses syndicats, ses syndiqués et des salariés de cette filière. La FTM-CGT appelle l'ensemble des salariés de Ford Blanquefort, à s'inscrire dans toutes les actions décidées, pour faire valoir leurs revendications et porter à la connaissance de tous la lutte qu'ils mènent afin de préserver leur emploi et la production en France.

Depuis 2013, Ford a perçu plus de 50 millions d'euros des contribuables, via des fonds publics.

Décryptage de la dette de l'Unédic

ven, 08/06/2018 - 16:55
Assurance-chômage

Un groupe de travail, composé de militants issus du monde associatif ou syndical et baptisé Groupe d'audit citoyen de la dette de l'assurance chômage (Gacdac) vient de publier un rapport intermédiaire de plus de 50 pages.

Ce rapport analyse — chiffres, tableaux et documents à l'appui — la dette de l'Unedic et met en garde contre la réforme préparée par le gouvernement, qui vise, selon les auteurs, tout l'édifice de la protection sociale.

De 1981 — date à laquelle le déficit apparaît — à aujourd'hui, c'est un décryptage des mécanismes de la dette, des choix politiques qui ont été fait et des conséquences qui en découlent.

Ainsi, le rapport révèle le rôle majeur de la finance privée dans les emprunts contractés pour financer l'Unedic (dont une partie sont garantis par l'État), les profits considérables qu'en retirent les créanciers, banques, fonds d'investissements au marché secondaire... et la spéculation et l'évasion fiscale qui vont de pair avec cet investissement très rentable.

C'est en effet sur les salariés, comme sur les privés d'emploi et les précaires, que repose, au travers des impôts, cotisations sociales et droits à indemnisations revus à la baisse, la charge de financer le remboursement de la dette.

Ce rapport se termine sur un argumentaire en faveur de l'annulation de la dette de l'Unedic, en s'appuyant sur le droit qui la caractériserait comme « une dette illégitime au regard du droit international. »

Le collectif conclut sa publication par un courrier à la ministre du Travail et aux gestionnaires de l'Unedic afin qu'ils éclaircissent « un ensemble de points nécessaires pour mener à bien un audit conforme et exhaustif des finances de l'assurance chômage » et fournissent au Gacdac des documents auxquels ils n'ont pas eu accès.

Rassemblement devant le casino jeux barrière Saint-Raphaël

ven, 08/06/2018 - 16:15
Commerce

La CGT Casino Jeux de Saint-Raphaël appelle les salariés à un rassemblement le samedi 9 juin 2018 à 16h devant le casino, afin d'exiger de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail et de réelles négociations.

En l'espèce, la direction a organisée une négociation déloyale sur les salaires, avec 0% d'augmentation. Or, le bénéfice a augmenté de 8,5% en 2017 et la direction a touché 100 000 euros d'aides de l'Etat par le CICE. Par conséquent, les salariés doivent avoir des augmentations de salaire dignes du résultat du fruit de leur travail.

Parcoursup, premier bilan, catastrophique

ven, 08/06/2018 - 15:39

La CGT Éduc'action dresse un premier bilan — catastrophique — de la plateforme Parcoursup. Malheureusement, les craintes de la CGT se confirment, avec des élèves angoissés et des classes populaires sacrifiées, dans le cadre d'un système de plus en plus élitiste. Par conséquent, la CGT Éduc'action exige l'ouverture de places nécessaires en Licence, ainsi que l'abrogation de la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) et des projets de réformes des lycées.

Enseignement supérieur

Les premiers résultats sont pires que prévus. Le 22 mai, la moitié des 810 000 élèves inscrits sur la plateforme n'avaient aucune réponse positive à leurs vœux ! Par ailleurs, 29 000 n'ont que des réponses négatives. Depuis, le nombre d'élèves sans réponse positive diminue mais ces derniers resteront extrêmement nombreux cet été et en septembre, très angoissant pour des élèves qui devraient plutôt être concentré sur le Baccalauréat. Combien d'élèves, dégoûtés par ce système et confrontés à des propositions inacceptables, renonceront pour cette rentrée ?

Par ailleurs, les classes populaires sont les grandes sacrifiées de cette réforme. Les remontées de terrain démontrent que les élèves en attente sont surreprésentés dans les établissements des quartiers populaires. La multiplicité des algorithmes locaux aux critères de sélections opaques, intégrant parfois les codes postaux des élèves, accentue de fait ce tri social.

Combiné à la réforme des lycées, la loi Vidal et la mise en place de Parcoursup sonnent l'avènement de la vision la plus libérale de l'école, celle de la concurrence généralisée : entre élèves avec la sélection, entre lycées dont la réputation influera sur la poursuite des études, et entre universités, où les plus demandés auront la faculté de choisir leurs élèves (et bientôt leurs frais d'inscription).

Par conséquent la CGT Éduc'action exige l'ouverture immédiate des places nécessaires en licence pour satisfaire toutes les demandes des élèves avec la possibilité de classer leurs vœux, l'abrogation de la loi ORE (orientation et réussite des élèves) et de la plateforme Parcoursup, ainsi que l'abandon des réformes des lycées.
Comme le précise Marie Buisson, secrétaire générale de la FERC-CGT :

Manifestation nationale des retraités pour exiger l'annulation de la hausse de la CSG et la fin du gel des pensions

ven, 08/06/2018 - 11:41
Retraite

Jeudi 14 Juin, les retraités seront dans la rue à l'appel des neufs organisations de retraités. Ils exigent du gouvernement l'annulation de la hausse de la CSG, ainsi que la fin du gel des pensions. En l'espèce, pour certain retraités, les deux facteurs combinés ont entraîné une diminution de leur pouvoir d'achat de plusieurs centaines d'euros par an.

Cette situation n'est pas tenable quand, en même temps, le gouvernement multiplie les cadeaux fiscaux aux riches à travers la suppression de l'ISF pour les titulaires de portefeuilles boursiers ou le plafonnement de l'imposition sur les dividendes à 30%.
A Paris, la manifestation partira de la place de l'Opéra, à 14h30, en direction de la place de la République.

Par ailleurs, vous pouvez signer la pétition, pour une loi de finance rectificative qui annule la hausse de la CSG pour tous, qui met fin au gel des pensions en les revalorisant.

Une première étape pour gagner une convention contre les violences et le harcèlement

ven, 08/06/2018 - 11:30
OIT

Du 28 mai au 8 juin se tenait à Genève la 107e conférence de l'Organisation Internationale du Travail. Rassemblant plus de 4000 délégué.e.s du monde entier, représentant les travailleurs.ses, les employeurs et les gouvernements, cette conférence avait pour principal enjeu la discussion d'une convention contre les violences et le harcèlement dans le monde du travail. La CGT y représentait les salarié.e.s français.es. À l'issue de 2 semaines de négociations tripartites (travailleurs.ses, employeurs et gouvernements), le principe d'une convention contraignante accompagnée d'une recommandation protégeant notamment des violences fondées sur le genre a été validé. Son contenu a été négocié dans les détails et sera finalisé en juin 2019, à l'occasion du centenaire de l'OIT.
Il s'agit d'une première étape importante, gagnée grâce à la campagne contre les violences sexistes et sexuelles lancée par la Confédération Syndicale Internationale 4 ans avant #metoo. Il s'agissait d'abord de gagner une convention contraignante, alors que les employeurs n'ont de cesse de remettre en cause le caractère normatif des textes de l'OIT et qu'il n'y a pas eu de convention adoptée depuis près de 10 ans par l'OIT. L'objectif était ensuite d'avoir un texte de haut niveau, avec une approche inclusive et intégrée faisant le lien entre les violences au travail et les violences intra-familiales, pour en faire une grande avancée pour les droits des femmes du monde.
La mobilisation et le sérieux des organisations syndicales comme la prise de conscience de l'opinion publique ont été des leviers pour gagner le soutien d'une majorité de gouvernements du monde. L'interpellation et la mise sous pression d'Emmanuel Macron initiée par la CGT ont permis que la France se positionne clairement en faveur d'une convention contraignante de haut niveau et entraîne avec elle l'Union Européenne. Ceci, ajouté au soutien du continent Africain, du Canada et de certains pays d'Amérique Latine, a marginalisé l'opposition frontale manifestée par les employeurs.
La convention et la recommandation doivent maintenant être finalisées durant l'année 2018/2019 et négociées puis validées en juin 2019, à l'occasion du centenaire de l'OIT. Nous avons gagné une première étape mais rien n'est acquis. Le seul moyen d'empêcher les tentatives de torpillage ou d'affaiblissement de la convention est de sortir ces négociations de l'opacité pour qu'elles aient lieu sous contrôle des opinions. Après la vague d'indignation et de mobilisation suscitée par #metoo, l'adoption de cette convention doit démontrer que gouvernements, syndicats et employeurs se donnent collectivement les moyens d'éradiquer les violences dans le monde du travail. La CGT, avec la Confédération Syndicale Internationale, les ONG et les associations féministes, restera très mobilisée pour que les travaux soient menés à leur terme et que des droits soient enfin mis en place pour protéger les travailleuses et travailleurs du monde contre le harcèlement et les violences. Commencera ensuite, après juin 2019, la phase de ratification de la convention par les États, lors de laquelle les organisations syndicales sauront rappeler aux gouvernements leurs discours et engagements.
Voir les comptes rendus journaliers des séances rédigés par la CGT : http://www.egalite-professionnelle.cgt.fr/en-direct-oit/
Le projet de convention amendé et adopté par la conférence sera mis en ligne dans la journée sur le site de l'OIT.

Montreuil, le 8 juin 2018

Calendrier CGT

jeu, 07/06/2018 - 15:50

Du ou avec le pôle « Activités en territoires » confédéral :
• 14 juin : réunion des animateurs des groupes Cgt dans les Ceser et au Cese à Montreuil ;
• 8 novembre : rencontre nationale des mandatés cgt dans les Ceser et au Cese avec la participation de Philippe Martinez à Montreuil (salle du CCN) ;
• 27 septembre : rencontre des comités régionaux à Montreuil ;
• 22 et 23 novembre : rencontre des comités régionaux.

Initiatives diverses :
• 12 juin : Assises confédérales des services publics ;
• 28 juin : Journée d'étude métropole Grand-Paris ;
• 17 et 18 octobre : Assises nationales de la formation professionnelle.

Des conférences régionales sont annoncées :
• 7 et 8 juin : PACA à Martigues ;
• 26 juin : constitutive du comité régional Auvergne-Rhône-Alpes ;
• 26 septembre : Alsace ;
• 8 au 10 octobre : Pays-de-la-Loire ;
• 20 novembre : constitutive du comité régional Grand-Est.

Formation syndicale 2018 organisée par le pôle Territoires confédéral :
• Prospective et territoires 3e module : 19 au 21 septembre à Courcelle ;
• Dialogue social territorial : 26 au 28 novembre à l'ISST de Bourg-la-Reine (attention la date a changé !) ;
• Mandatés Ceser 2e module : 10 au 12 décembre à Courcelle.

Pour en savoir plus : territoires@cgt.fr

Regards sur les territoires : le rapport 2017 de l'Observatoire des territoires est disponible

jeu, 07/06/2018 - 15:50
Informations diverses

À travers des fiches thématiques sur le logement, l'éducation ou encore les inégalités de revenus, l'édition 2017 du rapport propose un panorama des territoires, de leurs atouts et de leurs fragilités en six fiches thématiques :
• les dynamiques de population ;
• le vieillissement de la population et ses enjeux ;
• les inégalités de revenus ;
• le parc de logements ;
• éducation et enseignement supérieur, approches territoriales ;
• dynamiques de l'emploi transfrontalier en France et en Europe.

Cet ensemble d'analyses dessine un portrait de la France et souligne la diversité des dynamiques territoriales.

Au-delà de l'idée de fracture territoriale qui opposerait des territoires « gagnants » aux « perdants », des « centres » à des « périphéries », le rapport propose deux grilles de lecture de la France :
• la première identifie quatre ensembles régionaux : façade atlantique et méditerranéenne, Nord-Est et centre, Île-de-France et outre-mer ;
• la seconde rassemble les grands types d'espaces (métropoles, villes moyennes, espaces périurbains et ruraux).

Ce rapport met de la complexité là où il y a du simplisme, de fournit des données objectives et vérifiables afin qu'elles soient réutilisées dans les débats, que les acteurs se les approprient et évitent les idées reçues non fondées.

Pour en savoir plus

Lancement par le gouvernement d'une consultation citoyenne sur les « villes et territoires de demain »

jeu, 07/06/2018 - 15:49
Informations diverses

Les ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Cohésion des territoires ont lancé le 2 mai une consultation citoyenne pour « faire émerger [les] attentes, [les] priorités et [les] projets [des citoyens] en matière de cohésion territoriale et de développement durable » des habitants. Associatifs, particuliers mais aussi professionnels peuvent contribuer. Les contributions peuvent être apportées sur un site Internet dédié jusqu'au 17 juillet prochain.

Ce « débat citoyen » pour « construire ensemble des solutions concrètes et relever les défis à venir » se déroule en quatre phases consécutives : les défis de demain, les idées de demain, les projets de demain, les priorités de demain.

De ces « livrets citoyens », le gouvernement entend faire « une référence, mise à disposition des services de l'État, des collectivités et plus largement des acteurs des villes et territoires pour bâtir des politiques nationales et locales en adéquation avec les attentes exprimées ».

En complément de cette consultation numérique, des débats seront organisés localement. Les ministères préconisent, kits explicatifs à l'appui, de les structurer en ateliers autour de thématiques spécifiques, par exemple en partant de « scénarios catastrophes », « d'utopies » ou encore en proposant des « projets ».

Pour en savoir plus

(Source AEF)

Les émissions françaises de CO2 liées à l'énergie ont augmenté de 4 % en 2017

jeu, 07/06/2018 - 15:49
Informations diverses

Après la hausse des émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs de 0,6 % en 2017 et l'excès de 3,6 % des émissions de GES par rapport au budget indicatif de 2016, les données provisoires sur le bilan énergétique de la France métropolitaine publiées le 27 avril 2018 par le ministère de la Transition écologique montrent une hausse de 3 % en données réelles et 4 % à climat constant des émissions de CO2 liées à l'énergie pour l'année 2017. Il s'agit d'une rupture par rapport à la tendance à la baisse observée depuis les années 1990. « Corrigées des variations climatiques, les émissions restent toutefois de 17 % inférieures à leur niveau de 2005, ayant baissé continûment entre cette date et 2016 ».

La hausse de 2017 s'explique principalement par une croissance économique « soutenue » (+2 %) qui a conduit à une consommation d'énergie finale en progression de 0,9 % (à climat constant), mais aussi par un « recours accru aux énergies fossiles pour la production d'électricité ».

La production nucléaire a atteint son plus bas niveau depuis la fin des années 1990 (-7,8 % en 2016, -1,2% en 2017 / 103,8 Mtep), notamment du fait de contrôles menés sur des générateurs de vapeur de certains réacteurs au début de l'automne. La production hydraulique (hors accumulation par pompages) recule de 18 % en raison d'une pluviométrie particulièrement déficitaire. Les productions éolienne et solaire photovoltaïque poursuivent leur progression (+14 % et +12 %). La production cumulée des filières hydraulique, éolienne et solaire photovoltaïque s'établit ainsi à 7,1 Mtep en 2017 (0,6 Mtep de moins que l'année précédente). La production des centrales thermiques classiques, utilisées pour ajuster l'offre à la demande d'électricité, « augmente de 18 % en un an, à 63 TWh (dont 54 TWh produits à partir de combustibles fossiles) ».

Autres conséquences, le taux d'indépendance énergétique recule d'un point en 2017, à 53 %, et la facture énergétique de la France augmente de 23 %, à 38,6 milliards d'euros.

Pour en savoir plus

(source AEF)

Quel syndicalisme face à la métropolisation ? Regards croisés CGT – universitaires / chercheurs

jeu, 07/06/2018 - 15:49
En direct de la CGT en territoires

La lettre n° 10 du pôle territoires est parue avec cette thématique.

Pour la consulter.

Débat : quels moyens, quels accès à la santé pour toutes et tous ?

jeu, 07/06/2018 - 15:49
En direct de la CGT en territoires

Conférence- débat avec Christophe PRUDHOMME
médecin urgentiste, syndicaliste CGT
MERCREDI 13 JUIN 2018 à 18 H
Salle polyvalente du centre hospitalier de Blois

Chacun d'entre nous le vit au quotidien, l'accès à la santé devient de plus en plus difficile et inégalitaire selon sa condition sociale, son lieu d'habitation et de travail. La diminution du nombre de médecins généralistes et de médecins spécialistes avec, pour ces derniers, de plus en plus de dépassements d'honoraires, a considérablement détérioré la possibilité d'accès à une consultation médicale qui devient un véritable parcours du combattant pouvant se terminer aux urgences hospitalières.

Aujourd'hui, 70 % de la population déclare avoir renoncé au moins une fois à se soigner, soit pour des délais d'attente trop longs, soit pour des raisons financières (non remboursement Sécu, pas de mutuelle ou dépassement d'honoraire…) Et 25 à 30 % d'entre nous (personnes résidant en France) renoncent aux soins faute de moyens financiers.

Quant aux personnes âgées dépendantes et aux handicapés, les familles sont dans des difficultés extrêmes pour trouver des solutions adaptées aux besoins de santé. L'alternative au placement en institution reste bien souvent hypothétique et l'accès en institution nécessite de multiples démarches et de longues attentes.

Parallèlement, l'hôpital public subit des restrictions budgétaires au nom de la réduction de la dette publique qui se traduit par des suppressions de postes, des fermetures de lits, de services voire d'hôpitaux rendant encore plus difficile et plus inégalitaire l'accès aux soins.

Le concept libéral de l'hôpital-entreprise dans la logique de la politique de l'Union Européenne de « libre entreprise et libre concurrence non faussée » a instauré un financement des établissements de santé à la tarification à l'activité (T2A) générant une concurrence accrue des établissements et des personnels de santé entre eux dans une course au productivisme de soins à moindre coût pour dégager de la rentabilité.

La loi hôpital-patient-santé-territoire dite loi Bachelot et la loi de modernisation de la santé dite loi Touraine mises en place par les agences régionales de santé accélèrent le processus de destruction de notre service public de santé au prétexte de rationalisation des soins. La mise en œuvre des groupements hospitaliers de territoire prévue par la loi Touraine va accroître et accélérer les suppressions de postes de soignants, les fermetures de lits — des centaines sont prévues en région Centre à commencer par les suppressions de lits par étage au centre hospitalier de Blois.

De ce fait, les hôpitaux publics, contrairement aux privés qui trient leurs patients, ne peuvent plus assumer pleinement leurs missions de santé publique pour garantir une égalité d'accès à des soins de qualité en toute sécurité.

Plus de 8 000 d'entre vous se sont opposés à cette œuvre de destruction de notre système public de soins en signant la pétition contre les suppressions de postes et de lits au centre hospitalier de Blois. Votre action conjuguée à l'intervention de la CGT et notamment la manifestation à plus de 1 000 personnes devant la conférence régionale de la santé et de l'autonomie a permis le rejet du plan régional santé par le conseil économique social et environnemental régional et le conseil régional du Centre-Val-de-Loire.

Pages